Votre entreprise utilise l’IA. Mais savez-vous où partent vos données ?
L’IA est partout.
Dans les services marketing, dans les services juridiques, dans les directions financières, et, - attention spoiler- bien entendu, dans la traduction.
Mais une question me paraît beaucoup plus importante que de savoir quel modèle est le plus rapide ou le plus performant :
Qu’êtes-vous prêt à lui confier ?
Un communiqué de presse déjà public ? Probablement.
Une documentation destinée à être publiée sur votre site ? Pourquoi pas.
Mais un contrat d’acquisition ? Un brevet ? Une procédure industrielle ? Un dossier juridique confidentiel ? Des documents contenant des données personnelles ?
Là, le sujet change complètement.
L’IA n’est pas le problème. L’absence de gouvernance l’est.
Je trouve le débat actuel sur l’intelligence artificielle souvent assez pauvre.
D’un côté, ceux qui voudraient tout lui confier.
De l’autre, ceux qui voudraient tout lui interdire.
Dans une entreprise, aucun de ces deux raisonnements n’est très sérieux.
Un dirigeant doit raisonner en niveau de risque.
Toutes les informations d’une entreprise n’ont pas la même valeur. Et toutes ne doivent donc pas être traitées de la même manière.
La CNIL elle-même établit cette distinction. Pour des usages non confidentiels, des solutions externes peuvent être envisagées avec les garanties appropriées. En revanche, lorsqu’il s’agit de données personnelles ou de documentation sensible et stratégique, elle souligne l’intérêt de solutions déployées dans des environnements beaucoup plus contrôlés, notamment « sur site ».
Autrement dit :
on ne traite pas la traduction d’une brochure commerciale comme celle d’un dossier confidentiel.
Chez Alpis, nous avons fait ce choix
Alpis n’a pas vocation à faire passer indistinctement chaque document dans une intelligence artificielle.
La technologie est un outil.
Elle doit rester à sa place.
Mais pour certains travaux pour lesquels son utilisation présente un intérêt, tout en portant sur des informations sensibles, nous disposons d’une instance IA hermétique et cloisonnée.
Son objectif est simple :
permettre l’utilisation de l’outil sans ouvrir inutilement le document sur l’extérieur.
C’est une philosophie assez différente de celle qui consiste à copier un document confidentiel dans une interface grand public simplement parce que cela permet de gagner quelques minutes.
Et c’est surtout, à mon sens, un sujet de direction générale.
La confidentialité devient un sujet de management
Pendant longtemps, protéger les données d’une entreprise voulait essentiellement dire :
- sécuriser les serveurs ;
- contrôler les accès ;
- gérer les mots de passe ;
- protéger les sauvegardes.

L’IA ajoute une nouvelle question :
que font vos collaborateurs des informations qu’ils copient dans les outils qu’ils utilisent ?
Un fichier peut être parfaitement protégé dans le système informatique de l’entreprise…
… puis être copié quelques secondes plus tard dans un service externe.
Le pare-feu n’a alors servi à rien.
Les fournisseurs d’IA proposent d’ailleurs désormais des offres professionnelles avec des garanties spécifiques. OpenAI indique par exemple que les données des offres Business, Enterprise et API ne sont pas utilisées par défaut pour entraîner ses modèles et propose des contrôles d’accès et de conservation destinés aux entreprises.
C’est une évolution importante.
Mais la première protection reste une règle de bon sens :
adapter l’outil à la sensibilité du document.
En traduction, le problème est particulièrement concret
Nous recevons précisément des documents que les entreprises ne publient pas encore.
Contrats.
Documents juridiques.
Pièces financières.
Dossiers RH.
Informations industrielles.
Documents techniques.
Contenus préparant parfois une opération internationale plusieurs mois avant son annonce.
Le métier d’une agence de traduction ne consiste donc plus seulement à assurer la qualité linguistique d’un document.
Il consiste aussi à réfléchir à l’environnement dans lequel ce document peut être traité.
C’est moins spectaculaire qu’une démonstration d’IA en trente secondes.
Mais pour un dirigeant qui confie des informations stratégiques à un prestataire, c’est probablement beaucoup plus important.
L’IA oui. Mais pas à n’importe quel prix.
Je ne crois ni à l’entreprise sans IA, ni à l’entreprise qui transmet aveuglément son patrimoine informationnel au premier outil venu.
Je crois à une troisième voie : utiliser la technologie lorsqu’elle apporte quelque chose, l’isoler lorsque le risque l’exige et conserver l’intervention humaine lorsqu’elle reste nécessaire.
La véritable maturité numérique d’une entreprise ne se mesure peut-être pas au nombre d’outils d’IA qu’elle utilise.
Elle se mesure aussi à ceux auxquels elle sait dire :
« Cette information, vous n’y aurez pas accès. »
Chez Alpis Traduction et Interprétation, confidentialité, technologie et expertise linguistique doivent poursuivre le même objectif : protéger le document que le client nous confie, tout en lui fournissant la traduction dont il a réellement besoin.
Vous avez des documents sensibles ou confidentiels à traduire ?
>> Parlons d’abord de leur niveau de confidentialité et de la manière dont ils doivent être traités <<
Sources
- CNIL, « Les questions-réponses de la CNIL sur l’utilisation d’un système d’IA générative », 18 juillet 2024. La CNIL recommande notamment d’adapter le mode de déploiement aux données traitées et évoque les solutions sur site pour les documents sensibles ou stratégiques.
- CNIL, « Utiliser l’IA générative dans les TPE et PME », consulté en août 2026 : recommandations relatives au choix des solutions et à l’évaluation des risques.
- OpenAI, « Confidentialité des entreprises chez OpenAI », mise à jour du 8 janvier 2026 : données professionnelles non utilisées par défaut pour l’entraînement des modèles et dispositifs de contrôle propres aux offres professionnelles.
